Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

VINDICATIF, -IVE,

adjectif
A. —[En parlant d'une pers.] Qui est rancunier, qui est animé par le désir de vengeance. Nous avions souvent en visite une vieille dame d'Amiens, insupportable, prêcheuse, hargneuse, grondeuse, mauvaise et vindicative (...). Oh! la vieille chipie! (Maupass., Contes et nouv., t. 2 Farce, 1883, p. 1281).
B. —[En parlant d'un trait de caractère, du comportement d'une pers.] Qui dénote de la hargne, un désir de vengeance. Air, coup d'œil, ton vindicatif; colère, jalousie, parole vindicative. D'autres souvenirs lui vinrent, de ruptures pareilles dues au caractère vindicatif de Mme Bondel qui ne pardonnait jamais un froissement (Maupass., Contes et nouv., t. 1 Épreuve, 1889, p. 1122). La voix de Gravier était blanche sous une apparence d'enrouement; elle était provocante à force de dédain. Mais Camille ne voulait pas relever la provocation — cette provocation vindicative qu'il sentait monter contre lui depuis des mois (Drieu La Roch., Rêv. bourg., 1937, p. 88).
Remarques

Vindicativement

adverbe
littér. D'une manière vindicative. Agir vindicativement (Dict. xixe et xxe s.).
Prononciation et orthographe
[vε̃dikatif], fém. [-i:v]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1.
a) 1385-1403 « qui aime à se venger » (E. Deschamps, Le Miroir de mariage, 7477 ds Œuvres compl., éd. G. Raynaud, t. 9, p. 243: vindicatis);
b) ca 1515 « inspiré par le désir de vengeance » (P. Gringore, La Vie monseigneur sainct Loys ds Œuvres compl., éd. A. de Montaiglon et J. de Rothschild, t. 2, p. 118: fureur vindicative);
2. 1652 justice vindicative « qui punit les crimes » (Guez de Balzac, Le Socrate chrétien, 6 ds Littré). Dér. sav. du lat. vindicare « revendiquer en justice; réclamer; venger; punir », v. venger ; suff. -(at)if*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 139.