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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

TOQUER1

verbe
A. —Empl. trans., vx. Toucher, frapper. (Dict. xixe et xxe s.).
1.Locution proverbiale Qui toque l'un, toque l'autre. Qui offense l'un, offense l'autre (Dict. xixe et xxe s.).
2.Au fig., fam.[Chez G. Sand] Frapper, déranger (l'esprit). Depuis ce temps, soit qu'un chagrin caché lui ait toqué la cervelle, soit que le plaisir d'être seul l'ait consolé de tout, il a vécu absolument enfermé dans son château, sans aucune compagnie (Sand, Péché de M. Antoine, t. 1, 1845, p. 131).
B. —Empl. intrans., fam.
1.[Le suj. est un animé; le verbe est suivi d'un compl. prép. indiquant l'endroit où s'effectue l'action] Heurter, frapper légèrement. Toquer au carreau. Il toquait à la vitre et criait: — Jean-Pierre? Aussitôt le père tremblant courait dehors (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 21). On n'entendait que le pivert toquer à coups de bec contre un tronc et s'envoler en criant (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 209).
— [Avec un compl. prép. indiquant l'instrument de l'action] [Elle] tourna à droite vers le cimetière. Elle ne franchit pas le seuil des morts, mais toqua de l'index à la porte vitrée de leur gardien (Mauriac, Genitrix, 1923, p. 351).
2.Région. (Centre, Doubs), p. méton.[En parlant de l'heure] Sonner. — Corne et tonnerre! dit l'un des deux buveurs. Sept heures vont toquer. C'est l'heure de mon rendez-vous (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 331).
Prononciation et orthographe
[tɔke], (il) toque [tɔk]. Homon. de formes conjuguées de toquer : toque, toquet. Att. ds Ac. dep. 1740.
Étymologie et histoire
1. Ca 1500 trans. « toucher, frapper » (Villon, Dialogues de Messieurs de Mallepaye et de Baillevant ds Œuvres, Paris, Galliot du Pré, 1532, f° s VI v° );
2. 1536 intrans. tocquer à la porte (Dépos. Landeron ds Piaget, Doc. inéd. sur la Reformation dans le Pays de Neuchâtel d'apr. Pierreh.). Dér. du rad. onomat. tok (fr. toc*); dés. -er. Cf. toucher* issu d'un lat. pop. *toccare « heurter, frapper ».
Bibliographie
Guir. Étymol. 1967, pp. 74-75. — Meier (H.). Aufsätze und Entwürfe zur romanischen Etymologie. Heidelberg, 1984, pp. 89-90.