SAUPOUDRER
verbe transitifA. —[Le compl. d'obj. dir. désigne un mets]
1.Vx. Poudrer de sel pour assaisonner. Saupoudrer de la viande (Ac.). [Bois-Doré] fit des ragoûts dignes d'un meilleur sort, saupoudra et dressa les mets (, Beaux MM. Bois-Doré, t. 2, 1857, p. 137).
2.Saupoudrer de qqc. Répandre sur un mets une matière pulvérulente ou émiettée pour l'assaisonner, le préparer. Saupoudrer (un mets) de farine, de fromage râpé, de poivre, de sucre. Saupoudrez-moi ce jambonneau de chapelure! (, Fracasse, 1863, p. 279). Il saupoudra de sel la tranche juteuse [de melon] , qu'il se hâta de goûter (, Épithal., 1921, p. 302).
— Au part. passé. De petits fromages de chèvre blancs, frais, saupoudrés de sel gris, qui donnent soif (, Confid., 1849, p. 350). Gâteaux aux amandes saupoudrés de sucre vanillé (, Thib., Pénitenc., 1922, p. 759).
B. —P. anal. Répandre une matière pulvérulente sur quelque chose. Synon. parsemer.
1.[Le suj. désigne un animé] Saupoudrer un moule de sable. On souille ses vêtements de peinture, on les saupoudre de plâtre (, J. Paturot, 1842, p. 245). Mademoiselle serrait la poitrine de Karelina dans une forte bande, saupoudrait la peau de camphre, préparait des tisanes (, Empreinte dieu, 1936, p. 172).
— Rare.Saupoudrer qqn de qqc. [Elle] m'enduisait les bras de cold-cream, me saupoudrait de poudre de riz (, Journal femme ch., 1900, p. 236).
2.[Le suj. désigne une matière pulvérulente] Des miettes de biscuit de Savoie saupoudraient leurs robes roses et leurs costumes marins (, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 93).
— Au part. passé. Pays de collines et de bois saupoudrés de neige (, Hommes bonne vol., 1938, p. 12). P. métaph. Écartons nos rideaux sur ce décor de marbre; Ton visage ahuri saupoudré de sommeil (, Poèmes, 1948, p. 83).
C. —Au fig.
1. Orner de place en place, mêler de. Synon. parsemer. Saupoudrer un discours de citations. Cette charmante et saine raison dont les philosophes galants saupoudrèrent le dix-huitième siècle (, Contes et nouv., t. 1 Jadis, 1883, p. 601).
— Au part. passé. Oh! l'esprit! Oh! les bons caquets Saupoudrés de littérature (, Dern. chans., 1869, p. 85). Une sorte d'intérêt soutient son misérable livre qu'on dirait saupoudré avec de la raclure de roman-feuilleton (, Journal, 1903, p. 183).
2.Mod. Répartir en petites quantités des crédits sur différents postes sans satisfaire aucun demandeur. Synon. éparpiller, disperser, fragmenter ; anton. concentrer. Saupoudrer des subventions à des entreprises en difficulté. La lecture du rapport de la commission scientifique et technique du Ve Plan est consternante: au lieu d'être l'énoncé de choix, de priorités, c'est un catalogue. On saupoudre de crédits médiocres tous les projets à la fois (L'Express, 13 févr. 1967, p. 33 col. 2).
Remarques
Saupoudrement
substantif masculinPrononciation et orthographe
[sopudʀe], (il) saupoudre [-pudʀ̥]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. Fin xive s. Du sel ... saupouldrer « couvrir d'une légère couche de sel » (Eustache Deschamps, Ballades, DCCCXCII, 14 ds Œuvres compl., éd. de Queux de Saint-Hilaire, t. 5, p. 79);
2. 1559 « poudrer avec une substance pulvérisée » (Amyot, Pompée, 77 ds Littré); 1611 saulpoudrer de sucre (Cotgr.);
3. 1747 fig. « agrémenter en disposant de place en place » ([P.-F. Guyot Desfontaines et J.-J. Bel], Dict. néol. à l'usage des beaux esprits du siècle, (...), Amsterdam, p. 169);
4. 1764 « couvrir superficiellement à la façon d'une substance pulvérulente » (Volt., Dict. phil. Blé, 4 ds Littré);
5. 1960 « disperser des crédits minimes entre une multitude de bénéficiaires » (Le Figaro, 15 janv. ds Gilb. 1980). Comp. de sau-, v. sel et de poudrer*.
2. 1559 « poudrer avec une substance pulvérisée » (Amyot, Pompée, 77 ds Littré); 1611 saulpoudrer de sucre (Cotgr.);
3. 1747 fig. « agrémenter en disposant de place en place » ([P.-F. Guyot Desfontaines et J.-J. Bel], Dict. néol. à l'usage des beaux esprits du siècle, (...), Amsterdam, p. 169);
4. 1764 « couvrir superficiellement à la façon d'une substance pulvérulente » (Volt., Dict. phil. Blé, 4 ds Littré);
5. 1960 « disperser des crédits minimes entre une multitude de bénéficiaires » (Le Figaro, 15 janv. ds Gilb. 1980). Comp. de sau-, v. sel et de poudrer*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 108.
Dérivés
1. — [sopudʀœ:ʀ], fém. [-ø:z]. — 1res attest. a) α) 1900 subst. masc. « flacon qui sert à saupoudrer » un saupoudreur (P. Chavasse, Nouv. éléments de petite chir., p. 110 ds Quem. DDL t. 8), β) 1904 subst. une saupoudreuse (Lar. encyclop.), b) 1964 adj. « qui sert à saupoudrer » (Rob.); de saupoudrer, suff. -eur2 *.
Saupoudreur, -euse
adjectif et substantif féminina)Adj. Qui sert à saupoudrer. Bouchon saupoudreur. Pour l'entretien des éviers en acier inoxydable, brillant ou satiné, un produit qui ne raye pas. Commode à employer grâce à sa boîte saupoudreuse (Valeurs actuelles, 21 févr. 1972, p. 31 col. 3).
b)Subst. fém., ou, plus rarement, masc. Boîte ou flacon servant à saupoudrer. Synon. saupoudroir (infra). Flacon appelé « saupoudreuse », dont le couvercle est percé de petits trous (, Le Compagnon Pâtissier, t. 1, 1981, p. 21).
2.art culin. Ustensile de cuisine, de pâtisserie qui sert à saupoudrer. Synon. saupoudreuse (supra). Vous ne manquerez pas de réduire ces deux substances [sel et sucre] en poudre très-fine, afin qu'elles contractent une grande facilité d'adhérence, et qu'au moyen du saupoudroir la friture puisse s'en assaisonner par juxtaposition (, Physiol. goût, 1825, p. 126). À la fin du règne de Louis XV, l'argenterie se trouvait abondante (...). Boîtes à épices, soupières, terrines, saucières, saupoudroirs, chocolatières, huiliers et couverts sont fabriqués en grand nombre par les orfèvres groupés à Paris et dans de nombreux centres de province (Arts et loisirs, 5 oct. 1966, p. 58 col. 1). — [sopudʀwa:ʀ]. — 1re attest. 1825 (Brillat-Sav., loc. cit.); de saupoudrer, suff. -oir*.
Saupoudroir
substantif masculinBibliographie
— Orr (J.). Qq. mises au point étymol. Mél. Dauzat (A.) 1951, p. 253. — Quem. DDL t. 33.