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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

REBUFFADE

substantif féminin
Souvent au plur. Refus brutal accompagné de paroles dures et méprisantes; accueil désagréable. Synon. affront, mépris, vexation. Recevoir une rebuffade; souffrir des rebuffades. Je vous souhaite seulement d'avoir les cuisses comme j'ai les bras, ça fera plaisir à bien du monde. Mme Chessenet, qui est maigre et s'en désole, avale cette rebuffade péniblement (Colette, Cl. s'en va, 1903, pp. 26-27). Thomas essuya rebuffades sur rebuffades. C'est par un vrai miracle qu'il parvint à intéresser le directeur des usines de Bolcklow et Vaughan (P. Rousseau, Hist. techn. et invent., 1967, p. 300).
Prononciation et orthographe
[ʀəbyfad]. Barbeau-Rodhe 1930: la rebuffade [laʀbyfad]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1550 (lettre de M. d'Aramon à Henri II, 24 avril ds E. Charrière, Négociations de la France dans le Levant, t. 2, p. 114, note). Dér., à l'aide du suff. -ade1 *, de rebuffe « injure, reproche » att. au xvie s. (dep. 1540, Corresp. pol. de G. Pellicier, t. 1, p. 219 ds Fonds Barbier ; v. Gdf. et Hug.) et empr. à l'a. ital. ribuffo « reproche, menace » (dep. fin xiiie s.-déb. xive s., Tolomei ds Tomm.-Bell.), ital. mod. rabbuffo (dep. 2e moit. xve s., ibid.), déverbal de rabbuffare « faire des reproches », propr. « menacer (de l'orage); mettre en désordre, ébouriffer », comp. de buffare « souffler », dér. de la racine onomat. buff- (cf. bouffer et bouffon).
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 67.
Bibliographie
Wind 1928, p. 180.