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PUTRIDE, adj.
A. − Qui est en état de putréfaction; dont les matières organiques en cours de décomposition, dégagent une mauvaise odeur. Synon. putrescent.Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride, D'où sortaient de noirs bataillons De larves, qui coulaient comme un épais liquide Le long de ces vivants haillons (Baudel., Fl. du Mal, 1857, p. 50).Nous naviguons parfois entre des nuages de flamants roses qui s'élèvent de ces terres putrides, sur les îlots de boue jaunâtre (Tharaud, Paris-Saïgon, 1932, p. 78).Le matin, dans les faubourgs, on les trouvait [les rats] étalés à même le ruisseau, une petite fleur de sang sur le museau pointu, les uns gonflés et putrides, les autres raidis et les moustaches encore dressées (Camus, Peste, 1947, p. 1227).
PATHOL., vx. Fièvre putride. Fièvre que l'on attribuait à la corruption des humeurs. Comme on ne comprenait rien à la maladie et aux convulsions de la demoiselle, que l'on croyait très-vertueuse, on m'a fait appeler comme pour une fièvre putride et maligne (Sand, Consuelo, t. 2, 1842-43, p. 262).
B. − Qui résulte de la putréfaction; qui est très malodorant. Fermentation, miasmes, odeur putride(s). Les exhalaisons putrides, les cadavres amoncelés, avaient corrompu l'air de toute la plaine (Lamart., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 302).Il râlait ce jeune homme à l'allure insipide, Au col démesuré, à l'haleine putride (Queneau, Exerc. style, 1947, p. 63).
C. − Au fig. D'où émanent des influences corruptrices. Synon. malsain, morbide, pervers.Si j'avais eu la volonté et le loisir d'écrire un manifeste, peut-être aurais-je essayé de défendre ce qu'un journaliste, en parlant de Thérèse Raquin, a nommé « la littérature putride » (Zola, Th. Raquin, 1868, p. xiv).Ce qui dormait sous les eaux endormies, ce principe de corruption, ce secret putride, je ne fis rien pour l'arracher à la vase (Mauriac, Nœud vip., 1932, p. 65):
Les autres mères ne portent que neuf mois leur enfant dans leur sein; je puis dire que la mienne m'a porté douze ans dans le sien, et que j'ai vécu de sa vie morale comme j'avais vécu de sa vie physique dans ses flancs, jusqu'au moment où j'en fus arraché pour aller vivre de la vie putride ou tout au moins glaciale des colléges. Lamart., Confid., 1849, p. 73.
REM. 1.
Putrider, verbe intrans.,hapax. Pourrir, se décomposer. Je ne pouvais réclamer quand la viande putridait et que des cafards submergés dansaient dans l'abondance (Huysmans, En mén., 1881, p. 50).
2.
Putrissure, subst. fém.,hapax. Corruption morale. Synon. flétrissure.Ah!... Ils me restaient sur la coloquinte avec tout les mille corrections, les baffes, les coups de pompe sonnés. Merde! et puis toute leur putrissure la complète, et les copains, les lopes, toutes les vapes et leurs sortilèges! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 301).
Prononc. et Orth.: [pytʀid]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. 1314 fievre putride « fièvre qu'on attribue à la corruption des humeurs » (Henri de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, 2103, t. 2, p. 187); 2. a) 1575 « qui est produit par la fermentation » exhalaisons putrides (Paré, Intr. à la Chirurgie, XIII ds Œuvres compl., éd. J.-F. Malgaigne, t. 1, p. 65); 1765 miasmes putrides (Encyclop., t. 13, 5886, s.v. putréfaction); b) 1771 « où se produit la putréfaction » marais bourbeux et putrides (Guy, Voy. litt., p. 55); 3. 1690 « qui est en état de putréfaction » membre putride (Fur.); 4. 1821 fig. « corrompu et fétide » la chaleur putride de Sapho (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 2, p. 68); 1868 « qui corrompt » littérature putride (Zola, loc. cit.). Empr. au lat. class.putridus « gâté, pourri, corrompu », dér. de putris, v. putréfier. Fréq. abs. littér.: 67.