PIRATER
verbeA. —Empl. intrans. Exercer le brigandage sur les mers ou le long des côtes. Ces Mores sont en paix dans leurs propres îles; mais ils expédient des bâtimens pour pirater sur les côtes de celle de Luçon (Voy. La Pérouse, , t.2 1797, p.357).
B. —Empl. trans., p.ext.
1. S'emparer par la force et de manière illégitime de biens d'autrui ou de personnes. Un quadrille d'Hervé commençait, une musique au poivre rouge, propre à vous faire pirater des femmes (, Soeurs Vatard, 1879, p.232). On vous a piraté, monsieur, on s'est partagé vos dépouilles (, M. Ouine, 1943, p.1379).
2.P. anal. S'accaparer une production intellectuelle ou artistique pour en faire son profit. Pirater une idée. Quelqu'un a dit que de prendre sur les anciens, c'était pirater au delà de la ligne; mais que de piller les modernes, c'était filouter au coin des rues (, Max. et pens., 1794, p.68). À mes propres oreilles ma voix résonnait comme une étrangère, un ange filou me piratait mes pensées jusque dans ma tête (, Mots, 1964, p.170).
— Au part. passé à valeur adj. Avion piraté; cassette piratée; oeuvre piratée. Il y avait en France assez de gens parlant le castillan pour lire Don Quichotte dans le texte (ce que semblent prouver les éditions piratées imprimées à Bruxelles) (Civilis. écr., 1939, p.30-5).
Remarques
Piratage
substantif masculinPrononciation et orthographe
[piʀate], (il) pirate [piʀat]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. Intrans. av. 1630 «exercer l'activité de pirate» (D'Aubigné, Hist. univ., VII, IV, éd. A. de Ruble, t.4, p.204);
2. trans. 1783 (Mercier, Tabl. de Paris, t.4, 198: Les ouvriers en bâtiments sont plus rusés et encore plus heureux que les procureurs dans ce qu'ils piratent). Dér. de pirate* ; dés. -er.
2. trans. 1783 (Mercier, Tabl. de Paris, t.4, 198: Les ouvriers en bâtiments sont plus rusés et encore plus heureux que les procureurs dans ce qu'ils piratent). Dér. de pirate* ; dés. -er.