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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

MAZOUTER

verbe
A. —Emploi intrans. Faire le plein de mazout, remplir de mazout les soutes d'un navire. Ayant mazouté ou charbonné et enrôlé pour les chambres de chauffe des lascars, seuls capables de résister aux chaleurs de l'Océan Indien, les paquebots disparaissaient vite derrière Steamer Point, filant vers Karachi et Bombay (Morand, Routes Indes, 1936, p.198).
B. —Emploi trans.[Le plus souvent au passif] Souiller par le mazout répandu sur la mer par un navire. Les baigneurs sortent tous les jours sans être mazoutés (Le Monde, 18 juin 1967, ds Gilb. Mots contemp. 1980).
— P. anal. Souiller volontairement de mazout quelque chose. Les Bretons sont en colère mais si certains ont parlé de «mazouter» quelques ministères, les plus déterminés se sont mis à l'ouvrage avec un courage de pêcheur (Paris-Match, 22 avr. 1967, p.45).
Remarques
1.

Mazouté, -ée

participe passé
adj. et subst. masc. Qui a été souillé de mazout ou victime du mazout. Plages mazoutées; oiseaux mazoutés (Gilb., Mots contemp., 1980). Emploi subst. masc.[En parlant de pers.]. Marée noire: des mazoutés racontent (Matin de Paris, 15 mai 1978).
2.

Emmazouter

verbe transitif
(Être) emmazouté. (Être) souillé, pollué par du mazout. Va dire au Sauvage que je suis emmazouté sur la plage (Le Sauvage, sept. 1973).
3.

Démazoutage

substantif masculin
Opération visant à éliminer le mazout répandu sur la mer par un navire. Voulez-vous d'autres sujets d'articles? en voilà: (...) le démazoutage au grand large, la recherche du pétrole en mer (Le Sauvage, juil. 1974).
Prononciation
[mazute], (il) mazoute [mazut].
Étymologie et histoire
1. 1936 mazouter (Morand, loc. cit.);
2. 1967 mazouté «souillé par le mazout» (Le Monde, loc. cit.). Dér. de mazout* ; dés. -er ; suff. -é*.
Dérivés
1.

Mazoutage

substantif masculin
a) Opération consistant pour un bateau à faire le plein de carburant. L'approvisionnement de la station de mazoutage était lui-même plus facile (M. Benoist Pettier, Transp. mar., 1961, p.79). Le port de relâche est caractérisé par ses facilités d'accès à toute heure de marée ainsi que par un équipement permettant d'accélérer les ravitaillements: nombreuses bouches à quai pour l'eau douce et les hydrocarbures, citernes flottantes. Dans cet ordre d'idées, Dakar peut assurer le mazoutage à une cadence pouvant atteindre 500 tonnes à l'heure (M. Benoist Pettier, Transp. mar., 1961, p.211).
b) Déprédation provoquée par le mazout dans la mer et dont sont victimes la flore et la faune. (Ds Quillet Suppl. 1971, Hachette 1980).
— [mazuta:ʒ]. — 1res attest. a) 1961 (M. Benoist, Pettier, loc. cit.), b) 1971 (Quillet Suppl.); de mazouter, suff. -age*.
2.

Mazouteur

substantif masculin
Pétrolier spécialisé dans le transport de mazout. (Ds Lar. encyclop., Rob. Suppl. 1970, Lexis 1975). — [mazutoe:ʀ]. — 1re attest. 1963 (Lar. encyclop.); de mazouter, suff. -eur2 *.