IDIOSYNCRASIE
substantif fémininA. —MÉD. Prédisposition particulière de l'organisme qui fait qu'un individu réagit d'une manière personnelle à l'influence des agents extérieurs. Avoir une idiosyncrasie pour le sérum. Les cas où les doses faibles ont pu déterminer des accidents sérieux relèvent de l'idiosyncrasie (, Nouv. Traité Méd. , fasc. 5 1, 1924, p. 200) :
... l'idiosyncrasie est l'aptitude innée que possède un élément organique à manifester plus ou moins facilement l'irritabilité, qui est la manifestation vitale fondamentale. C'est une sorte de sensibilité réelle qui appartient à chaque matière, à chaque élément organique. (, Princ. méd. exp., 1878, p. 155)
B. — Personnalité psychique propre à chaque individu. Nous ne valons que par ce qui nous distingue des autres; l'idiosyncrasie est notre maladie de valeur (, Paludes, 1895, p. 120). Naguère, alors qu'on n'aimait plus le mot « âme », on le remplaçait par « tempérament » ou « idiosyncrasie » (, Mus. et vie, 1931, p. ii).
C. —LING. (empr. à l'angl.). Tendance des sujets à organiser les règles générales de formation des mots d'une même langue de manière différente selon leurs dispositions intellectuelles ou affectives particulières. On envisagera successivement trois types d'« irrégularités » dans le lexique : — les idiosyncrasies; — les lacunes accidentelles; — l'existence de processus non productifs à côté des processus productifs de formation des mots (, Le Statut des exceptions dans le lexique , ds Lang. fr., 1976, n° 30 p. 90).
Remarques
Idiosyncratique
adjectifPrononciation et orthographe
[idjɔsε̃kʀasi]. Att. ds Ac. dep. 1878.
Étymologie et histoire
1581 (Nencel, Disc. très ample de la peste, P. Méd., 58, 934 ds Quem. DDL t. 3). Empr. au gr. ἰδιοσυγκρασία « tempérament particulier ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 38.
Dérivés
Idiosyncrasique
adjectifBibliographie
— Quem. DDL t. 7 (s.v. idiosyncratique).