HONNIR
verbe transitifJe me rappelle qu'à Guermantes je m'étais fait honnir de ma belle-mère parce que j'avais dit de descendre du grenier tous les splendides meubles Empire... (, Guermantes 2, 1921, p. 517)
Remarque : Aux premières pers. du prés. de l'ind. l'emploi de ce verbe est performatif. Ce que tu appelles l'haleine de la ville corrompt souvent, je l'avoue, corps et âme (...). Je honnis cet appétit de luxe et de plaisir, ce besoin effréné d'argent où sombrent les consciences (Pesquidoux, Livre raison, 1932, p. 225).
— Emploi pronom. réfl. Tu ne dois pas désespérer, ni te honnir. Ton chagrin, aujourd'hui, t'égare (, Man' d'Arc, 1939, p. 383).
Prononciation et orthographe
[ɔni:ʀ] init. asp., (il) honnit [ɔni]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
a) Ca 1100 hunir « couvrir de honte publiquement, déshonorer » (Roland, éd. J. Bédier, 631 et 969);
b) 1269-78 honi part. passé (J. de Meung, Rose, éd. F. Lecoy, 10440). De l'a. b. frq. *haunjan « railler, insulter » (de même racine que honte*) que l'on peut restituer d'apr. le got. haunjan « humilier, abaisser » (dér. de hauns « bas »), l'a. h. all. hônen, le m. néerl. honen « déshonorer; débaucher; corrompre » et l'all. höhnen « railler, bafouer ».
b) 1269-78 honi part. passé (J. de Meung, Rose, éd. F. Lecoy, 10440). De l'a. b. frq. *haunjan « railler, insulter » (de même racine que honte*) que l'on peut restituer d'apr. le got. haunjan « humilier, abaisser » (dér. de hauns « bas »), l'a. h. all. hônen, le m. néerl. honen « déshonorer; débaucher; corrompre » et l'all. höhnen « railler, bafouer ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 40.
Bibliographie
Walt. 1885, p. 79.