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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GRAND-GUIGNOL

substantif masculin
Théâtre d'épouvante dont le caractère exagéré et l'invraisemblance des situations rappellent les outrances du Grand-Guignol (infra hist.). Poë voulait faire accoucher les femmes par la terreur de pièces qu'il imaginait. C'est le Grand-Guignol. Mais on n'est pas accoucheur (Valéry, Corresp. , [avec Gide], 1914, p. 436).
— En appos. avec valeur d'adj. Terrifiant comme le sont les mélodrames qui étaient joués au Grand-Guignol. [Le taulier plaisantant mes blessures : ] Si tu veux la refaire tous les soirs pour mes vicelards, ton entrée Grand-Guignol, je te file dix sacs de cachet (Simonin, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 53) :
... la pièce qu'on y jouait ne pouvait être mauvaise, tant la critique se montrait acharnée contre elle, allant jusqu'à en réclamer l'interdiction. Entre les pires du genre « Grand-Guignol » qui constituaient tout le répertoire de cette salle, elle avait paru gravement déplacée : on conviendra que ce n'était pas là une médiocre recommandation. (Breton, Nadja, 1928, p. 35)
Remarques

Grand-guignolesque

adjectif
D'une horreur exagérée. Aventures grands-guignolesques (Art et Loisir, 16 mars 1966).
Prononciation et orthographe
[gʀɑ̃giɳɔl]. Au plur. des grands-guignols. V. grand.
Étymologie et histoire
1903 (Renard, Journal, p. 825). Composé de grand* et de guignol*; nom d'un théâtre montmartrois fondé en 1897, dont la spécialité était la représentation de courtes pièces d'épouvante, alternant avec des comédies.