GEAI
substantif masculin— P. métaph. Pour éviter toute discussion à cet égard, et clore le bec aux Geais de la critique (, Œuvres div. , t. 3, 1842, p. 477).
— Loc. proverbiale fig.[P. allus. à la fable de La Fontaine (Fables, IV 9)] Le geai paré des plumes du paon. Personne qui s'honore d'avantages empruntés à d'autres. En prenant la loge de Madame de Langeais, sa femme a cru qu'elle en aurait les grâces, l'esprit et le succès! Toujours la fable du geai qui prend les plumes du paon! (, Illus. perdues, 1843, p. 184).
Prononciation et orthographe
[ʒε]. Ds Ac. dep. 1694. Les éd. de 1694 et 1718 écrivent geay. Homon. jais, jet.
Étymologie et histoire
1176 jai (Chr. de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4394). Du b. lat. gaius « geai », d'orig. discutée (Ern.-Meillet); prob. tiré de l'anthropon. Gaius, très courant à Rome comme sobriquet pop.; cet oiseau, bien connu des paysans qui l'élèvent en cage, et capable d'imiter des bruits divers et de reproduire certains mots du langage humain (J. Brüch ds Z. rom. Philol. t. 51, pp. 692-696; André, Oiseaux), est fréquemment désigné, également dans d'autres langues, par des noms d'homme (cf. pierrot* « moineau; geai apprivoisé » v. aussi perroquet); une origine onomat. du mot lat. (TLL s.v.) est moins probable.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 120.
Bibliographie
Arickx (I.). Les Orthoépistes sur la sellette. Trav. Ling. Gand. 1972, n° 3, p. 131. - Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, pp. 322-324, 328-329. - Ricci (D.). Littré et Lavoisier au zoo. Paris, 1975, p. 80. - Walt. 1885, p. 97.