GAROU1
substantif masculin• Courir le garou. Courir les aventures la nuit. (Ds Littré, Guérin 1892, DG, Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., Quillet 1965).
Remarque : On relève la var. enfant-garou (cf. Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 466) et un emploi adj. de garou : Vous m'avez l'air d'un loup qui serait un chrétien; Pardon, rectifiez : qui serait un païen. En tous cas d'un loup peu garou qui saurait vivre (Verlaine, Dédic., Paris, éd. de Cluny, 1890 [1940], p. 71).
Prononciation et orthographe
[gaʀu] Ds Ac. 1694-1878.
Étymologie et histoire
1. [Fin du xie s. garlos « bêtes sauvages » (Lévy Trés., glose Job, 5, 23)]; ca 1170 garwaf, garval, garvalf « homme qui se transforme temporairement en loup » (M. de France, Lais, éd. J. Rychner, Bisclavret, 4, 7, 9);
2.
a) fin du xiie s. leu warou « id. » (Mainet, éd. G. Paris, III, 24);
b) 1538 loup-garou « esprit qui fait peur aux petits enfants » (Est.);
3. 1718 courir le garou « fréquenter les lieux de débauche » (Ac.). La croyance pop. qu'un homme est susceptible de se transformer en loup est attestée chez Hérodote (gr. λυκάνθρωπος « loup homme »), Pline (lat. versipellis « qui change de peau » et Burchard de Worms (ca 1000, v. Kluge, s.v. werwolf). Garou vient de l'a. b. frq. *werwolf que l'on peut restituer d'apr. l'a. h. all. werwolf (composé de wer « homme » et de wolf « loup ») et le m. néerl. weerwolf, werwolf. Le mot fr. loup-garou contient deux fois la notion de loup qu'on ne saisissait plus dans garou. Différentes explications ont été données pour justifier le passage de wer à war, la plus convaincante est peut-être la suiv. : e en syllabe initiale non accentuée suivi de r devient a dans certains mots, cf. lat. serpente > a. fr. serpent, sarpent; (v. FEW t. 17, p. 571a; DEAF, s.v. garol col. 335).
2.
a) fin du xiie s. leu warou « id. » (Mainet, éd. G. Paris, III, 24);
b) 1538 loup-garou « esprit qui fait peur aux petits enfants » (Est.);
3. 1718 courir le garou « fréquenter les lieux de débauche » (Ac.). La croyance pop. qu'un homme est susceptible de se transformer en loup est attestée chez Hérodote (gr. λυκάνθρωπος « loup homme »), Pline (lat. versipellis « qui change de peau » et Burchard de Worms (ca 1000, v. Kluge, s.v. werwolf). Garou vient de l'a. b. frq. *werwolf que l'on peut restituer d'apr. l'a. h. all. werwolf (composé de wer « homme » et de wolf « loup ») et le m. néerl. weerwolf, werwolf. Le mot fr. loup-garou contient deux fois la notion de loup qu'on ne saisissait plus dans garou. Différentes explications ont été données pour justifier le passage de wer à war, la plus convaincante est peut-être la suiv. : e en syllabe initiale non accentuée suivi de r devient a dans certains mots, cf. lat. serpente > a. fr. serpent, sarpent; (v. FEW t. 17, p. 571a; DEAF, s.v. garol col. 335).
Bibliographie
Sain. Sources t. 3 1972 [1930], p. 30.