GUETTE1
substantif fémininA. —Vx ou région. (Provence). Action de guetter. Chien de bonne guette. Ne craignez pas d'être surpris; j'ai posté moi-même des loups qui feront bonne guette (, Jacquerie, 1828, p. 147). La branche craque. Il voit bien; sa guette le rend tout tremblant (, Regain, 1930, p. 119) :
Ils se méfient. Même Alibert, tout à coup, paraît suspect; et je sais que, la nuit, ils se lèvent à tour de rôle, pour faire une guette sous leurs arbres. Jean Alibert les a vus, en rentrant de la fête. (, Mas Théot., 1945, p. 56)
B. —HIST. DU MOY. ÂGE
1. Guetteur, sentinelle. Avoir toute suprématie sur (...) le concierge et guette du Châtelet (, N.-D. Paris, 1832, p. 227).
2. Tour, tourelle d'un château fort où veillait le guetteur. Synon. échauguette. Sur la tour la plus élevée, celle qu'on appelait la guette, il y avait une cloche que l'on sonnait en cas d'alarme (, Ét. arts Moy. Âge, 1870, p. 248). L'enceinte lombarde du Kremlin détachait ses créneaux à deux cornes, ses guettes, ses tours, au bas de riantes casernes (, Eur. gal., 1925, p. 110).
3. Trompette ou clairon dont on sonnait pour donner l'alarme ou prévenir le guet; p. méton. la sonnerie elle-même. Or, l'arquebusier revenant ce soir-là comme de coutume, trouva la porte close (...). Cela l'étonna beaucoup, la guette n'étant pas sonnée au Châtelet (, Nouv. et fantais., 1855, p. 208).
Prononciation
[gεt].
Étymologie et histoire
1.
a) Ca 1135 guaite [le genre est mal déterminé] « sentinelle, homme qui fait le guet » (Couronnement Louis, éd. E. Langlois, 1642);
b) ca 1170 guaite subst. fém. « id. » (Rois, éd. E. R. Curtius, 82, 34);
2.
a) 4e quart xiiie s. waites « vigilance » (Gloss. Douai, 976 ds Roques);
b) 1551 chien de bonne guette (Cotereau, trad. de Columelle, VII, 12 ds Hug.). De l'a. b. frq. *wahta « le guet » que l'on peut restituer d'apr. l'a. h. all. wahta « id. », l'all. Wacht « la garde » et la forme latinisée wacta (attesté dans le Capitulare de villis, ca 800).
a) Ca 1135 guaite [le genre est mal déterminé] « sentinelle, homme qui fait le guet » (Couronnement Louis, éd. E. Langlois, 1642);
b) ca 1170 guaite subst. fém. « id. » (Rois, éd. E. R. Curtius, 82, 34);
2.
a) 4e quart xiiie s. waites « vigilance » (Gloss. Douai, 976 ds Roques);
b) 1551 chien de bonne guette (Cotereau, trad. de Columelle, VII, 12 ds Hug.). De l'a. b. frq. *wahta « le guet » que l'on peut restituer d'apr. l'a. h. all. wahta « id. », l'all. Wacht « la garde » et la forme latinisée wacta (attesté dans le Capitulare de villis, ca 800).
Bibliographie
Archit. 1972, p. 170, 213.