GABER
verbe intransitif— En partic. Exagérer. Il y a déjà longtemps qu'on accuse les Français de gaber. Mais il est juste de dire que cet esprit d'exagération est souvent désintéressé; il dérive du désir habituel de produire un effet (, Introd. Hist. univ., 1831, p. 452).
Remarques
1.vieilli.
Gab
substantif masculina) Gageure fanfaronne et plaisante. Ils se mirent à gaber (...) et ils firent à l'envi des gageures (...) l'empereur fit le premier gab. Il dit : — Qu'on m'amène à cheval (...) le meilleur chevalier (, Contes Tournebroche, 1908, p. 5).
b) Plaisanterie, facétie, jeu d'esprit. Toute une escouade d'ouvriers de la Creuse, qui choquaient leurs verres en parlant du pays et faisaient des gabs comme les douze pairs de Charlemagne (, Étui nacre , Gestas, 1892, p. 147).
2.vieilli. Celui qui gabe, qui plaisante, se moque, qui aime rire. Cette horrible transformation d'un clerc joyeux, gabeur, rusé, fin, spirituel, goguenard, en notaire, la société l'accomplit lentement (, Œuvres div. , t. 3, 1840, p. 202).
Gabeur
substantif masculin et adjectif3. Se moquer, railler. Il a l'éloquence de Panurge, se gabelant sans pudeur de sa personne et de ceux qui l'ont nommé président (, Journal, 1892, p. 246).
Gabeler (se)
verbe pronominalPrononciation et orthographe
[gabe]. Ds Ac. 1694.
Étymologie et histoire
Ca 1100 gaber « dire des plaisanteries » (Roland, éd. J. Bédier, 1781). Dér. de gab « plaisanterie, moquerie » (ca 1100, Roland, 2113), de l'a. nord. gabb « raillerie » cf. m. néerl. gabben « railler » (Verdam), ou plutôt issu de l'a. nord. gabba « railler, se moquer de ». Mots apportés par les Vikings, leur adoption est sans doute à mettre en rapport avec la nuance spéciale d'ordre affectif qui s'y attachait (tandis que haine, honte, hargne, orgueil ... sont d'orig. frq.). Gab et ses nombreux dér. en a. fr. et en a. prov. tombent en désuétude à la fin du Moy. Âge avec la disparition de la chevalerie (v. Varillas, Hist. de Henry III, l. IV ds Gdf. t. 4, pp. 197-198) pour ne plus survivre que dans les dial. (Ouest, francoprov., occitan); dans la langue littér., le verbe gaber a été repris, comme terme du Moy. Âge, au xixe s. (cf. Michelet, loc. cit.), cf. FEW t. 16, p. 3 et DEAF, col. 12-18.
Bibliographie
Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1915/16, t. 29, p. 232 (s.v. gab). - Kraemer (E. von). Sém. de l'anc. fr. gab et gaber. In : [Mél. Nurmela (T.)]. Turku, 1967, pp. 73-90.