FORMALISER1 (SE)
verbe pronominal1. Le jeune voyageur anglais, voyant Laudon considérer Lanze d'un air assez triomphant, lui dit avec douceur : — Seriez-vous disposé à vous formaliser, si j'ajoutais à votre récit biographique un petit bout de commentaire? — Personne n'est moins susceptible que moi, et je me livre pieds et poings liés à vos piqûres. (, Pléiades, 1874, p. 89)
• Se formaliser de; se formaliser de ce que; s'en formaliser. Vous comprenez bien que, sous l'Empire, les deux gendres ne se sont pas trop formalisés d'avoir ce vieux quatre-vingt-treize chez eux; ça pouvait encore aller avec Buonaparte (, Goriot, 1835, p. 91). Il n'est pas convenable, dit-elle, que ces dames viennent aussi souvent sans que vous leur rendiez leur politesse... à la fin, elles s'en formaliseraient (, Bourgeois Molinch., 1855, p. 288). Ce fut un être bien divertissant que ce Beyle, habité d'une grande envie de scandaliser, jointe à des ambitions plus exquises. Il manque rarement de faire observer que l'on doit se formaliser de ce qu'il dit. Il n'est pas sans y avoir assez bien réussi (, Variété II, 1929, p. 124) :
2. Quand nous fûmes seuls, le commissaire me dit : — Mon petit Serge, sais-tu que je ne suis pas fâché de te voir? Je te tutoie toujours, n'est-ce pas, tu ne te formaliseras pas de cette familiarité d'un vieil ami? ... Je t'ai presque vu naître... (, Conspir., 1938, p. 235)
• Fam. (Ne pas) se formaliser pour (autant, cela, si peu). Entre amis pas de gêne. Vous avez raison d'aller à vos affaires, que diable! je ne me formaliserai pas pour cela, bien au contraire; ça me met tout à fait à l'aise avec vous (, Contes et nouv., t. 2 Ami Jos., 1883, p. 1267).
Remarque : 1. Qq. dict. gén. enregistrent a) Le sens anc. « prendre fait et cause pour quelqu'un ou quelque chose ». Se formaliser pour qqn ou qqc. b) L'emploi trans. dir. formaliser qqn « faire qu'il se formalise ». 2. Littré note l'emploi trans. dir. dans l'usage ordinaire : Il suffit d'un rien pour le formaliser. Ne craignez-vous pas que cela le formalise?
Prononciation et orthographe
[fɔʀmalize], (il se) formalise [fɔʀmali:z]. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1539 pronom. « être choqué d'un manquement aux règles » (Cl. Gruget, Dial. de P. Messie, 717, éd. de 1610 ds Hug.). Dér. sav. au moyen du suff. -iser*, du lat. formalis v. formel.