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CORRECTION, subst. fém.
I.− [Correspond à corriger]
A.− Action de rectifier, d'amender, de ramener à la règle. [La France] a d'autres moyens de répression et de correction que de procéder à un démembrement de l'empire marocain (Jaurès, Paix menacée,1914, p. 323).
En partic. [Avec un compl. adnominal spécificateur désignant] [ce qui, en raison de défauts, d'erreurs, demande à être corrigé] La correction du relief, des routes; la correction des accents, d'un article; la correction de la thèse par l'antithèse; la correction des mœurs. [La faute, l'erreur elle-même] La correction des délits, des faiblesses, des irrégularités, des péchés. [L'être hum. dont les fautes demandent à être corrigées] La correction des coupables, des délinquants, des pécheurs.
P. méton. Écart moral appelant une correction. Je n'ai aimé qu'une femme (...) sauf quelques corrections négligeables et flottements d'occasion (Arnoux, Visite Mathus.,1961, p. 129).
B.− En partic. Examen d'un devoir, d'une épreuve, relevé des erreurs qu'ils comportent, en vue d'estimer leur valeur et de les noter. La correction des copies. Le service d'apprentissage départemental assure la diffusion des corrigés et des leçons ainsi que la correction des devoirs (J. Robert, Artis. et secteur métiers Fr. contemp.,1966, p. 174).
C.− Rectification d'une erreur matérielle; modification, précision apportée à une chose (notamment à un ouvrage de l'esprit) en vue de l'améliorer. Synon. refonte, retouche :
1. Je sais bien que M. de Barante l'a retouché [ce livre], rédigé (...). Oui, il a beaucoup corrigé, mais toutes ses corrections ne sont pas heureuses... A. France, La Vie littér.,t. 4, 1892, p. 36.
Rem. Dans la loc. adv. sauf/sous correction, correction pris isolément signifie « rectification, en cas d'erreur, de ce qu'on affirme ». Cf. aussi E infra.
Plus rarement. Version améliorée d'une donnée naturelle. Le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci, suivant le désir profond de l'homme (Camus, Homme rév.,1951, p. 325).
Emplois spéc., dans divers domaines techn.
1. [Désigne l'opération effectuée en vue de la modification et de l'amélioration d'une chose]
a) CÉRAM. On peut (...) laver (...) ou brosser la surface des moules, (...) [mais] ces corrections les altèrent (Brongniart, Traité arts céram.,1844, p. 140).
b) INDUSTR. ALIM. La correction des eaux calcaires ne doit porter (...) que sur la partie utilisée pour l'empâtage [dans la fabrication de la bière] (Boullanger, Malt., brass.,1934, p. 23).
c) PÉDOL. Dispositions prises en vue de corriger les effets des agents érosifs (correction des glaciers, des torrents), ou en vue de l'amendement du sol (d'apr. Plais.-Caill. 1958).
d) PHARM. ,,Opération par laquelle on affaiblit l'énergie d'un médicament en la mêlant à d'autres substances`` (Ac. 1835-1932).
e) RHÉT. Figure par laquelle un orateur corrige ses premières expressions ressenties comme trop faibles. Ex. ,,Je l'aime; que dis-je, aimer? je l'idolâtre`` (Ac. 1835, 1878).
f) THÉÂTRE. Accueillir, recevoir une pièce à correction(s). La recevoir sous réserve de modifications apportées par l'auteur (pour lequel ce type d'accueil équivaut à un demi-refus). A-t-il [Claretie] vraiment reçu Le Foyer à corrections, et pas seulement à corrections de détails, mais à corrections de fond? (Léautaud, Journal littér.,t. 2, 1907-09, p. 147).
g) TYPOGR. Signalisation par le correcteur des erreurs commises sur les épreuves au cours de la composition; rectification opérée conformément aux signes conventionnels portés sur les épreuves par le correcteur (d'apr. Comte-Pern. 1963). Envoyer les épreuves à la correction.
2. [Désigne l'agent, l'instrument lui-même de la correction]
Spéc., TÉLÉCOMM. Mécanisme de l'appareil télégraphique Hughes rectifiant la position de la roue des types réceptrice (d'apr. Lar. encyclop.).
SYNT. Correction + verbe. (Ap)porter, exécuter, introduire une/des correction(s); procéder à une/des correction(s). Correction + adj. Les dernières corrections; d'heureuses, de petites, de sérieuses, de sévères corrections; être sujet à correction(s); correction auditive, calorimétrique. Correction + compl. adnominal ou non. Correction de diamètre (p. ex. dans la fabrication des disques phonographiques), de température; correction d'un objectif; appareillage, instrument, mesure, moyen de correction; coefficient de correction.
D.− Rectification apportée à un calcul, à une mesure, à une observation pour obtenir un résultat exact :
2. ... [en] faisant les corrections relatives au thermomètre, nos voyageurs auraient monté à environ quinze cents toises, hauteur prodigieuse, relativement aux difficultés qu'ils eurent à vaincre. Voyage de La Pérouse,t. 3, 1797, p. 133.
E.− Rare. Ce qui ramène à la mesure, correctif :
3. À côté de Montesquieu, j'ai voulu lire du Machiavel : c'en est la vraie réfutation, ou du moins la vraie correction. Sainte-Beuve dsLar. 19e, Nouv. Lar. ill.
Rem. La loc. sauf/sous correction (cf. C supra) prise dans sa totalité sert à adoucir ce qui peut déplaire à un interlocuteur ou à un auditoire envers lesquels on veut se montrer déférent.
F.− Peine, châtiment infligé(e) en compensation d'une faute et en vue d'amender le coupable.
1. Vx et rare. Autorité ou pouvoir de reprendre et d'infliger une peine. Les enfants sont sous la correction du père (Ac.1835, 1878).
2. Dans le domaine du dr.Châtiment infligé conformément aux dispositions de la loi.
Correction paternelle. Peine infligée par un magistrat à un enfant mineur, à la requête de son père, en vue de sanctionner sa mauvaise conduite. Droit attaché à la puissance paternelle :
4. Le père, la mère ou la personne investie du droit de garde d'un mineur peut, quand celui-ci donne des sujets de mécontentement très graves, adresser une requête au président du tribunal pour enfants du lieu de domicile du mineur pour demander qu'il soit pris à l'égard de ce dernier une mesure de correction paternelle. Rauzy, Picquenard, La législation de l'aide sociale, Nancy, Berger-Levrault, 1955, p. 468.
Maison de correction
a) Lieu où étaient autrefois détenus des mineurs délinquants (aujourd'hui centre d'éducation surveillée).
b) Établissement où sont détenus les condamnés à un emprisonnement correctionnel. Être enfermé en maison de correction, par voie de correction.
3. Dans le domaine relig.Peine, mortification infligée en vertu de la discipline.
Correction fraternelle. Dénonciation d'une faute; peine ou réprimande infligée à un pécheur en vue de sanctionner ses fautes, et à titre d'exemple. Le droit de correction fraternelle, exercé avec humilité et charité, est reconnu au supérieur d'une communauté monastique ainsi qu'à tout fidèle (Marcel1938).
4. Dans le domaine de la vie privée.Châtiment infligé en vertu d'une décision personnelle.
a) Peine exemplaire subie en compensation d'une erreur, d'une faute et qui sert de leçon :
5. Je rentrai en France n'ayant pas de quoi payer ma route, tandis que les trésors pleuvaient sur les disgraciés : je méritais cette correction. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2, 1848, p. 620.
b) Réprimande :
6. − Vous avez eu tort (...) lui dit-il [l'abbé Faujas] rudement (...). Elle [MmeMouret] le regarda, surprise de cette sortie brutale (...). Lorsqu'il la vit révoltée sous cette correction trop sévère, il se radoucit... Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 985.
c) Châtiment corporel, plus ou moins vigoureux, infligé à la main ou par d'autres moyens, à un animal, à un enfant ou à un adulte en compensation d'une faute. Appliquer, donner, flanquer, infliger une correction; s'attirer, mériter, recevoir, subir une correction; une correction légère, magistrale, manuelle, salutaire, sévère, solide, vigoureuse. Procéder à une correction (cf. G. Leroux, Roul. tsar,1912, p. 78):
7. Injustement battu, il [le chat] ne prend que le temps de gonfler ses poumons et de reculer d'un pas, avant d'administrer à la Noire une correction telle qu'elle en suffoque, râle de rage et saute le mur pour cacher sa honte dans le jardin voisin. Colette, La Maison de Claudine,1922, p. 248.
II.− [Correspond à correct] Conformité à un modèle, à un ensemble de principes ou de règles; application de ces principes ou de ces règles.
A.− B.-A., ESTHÉTIQUE. Qualité fondamentale obtenue par l'application des règles de la grammaire d'un art; l'application même de ces règles :
8. [La sculpture] Dans la manière des modernes ces ornements sont creusés uniformément, de façon à ce que vus de près, ils soient d'une correction irréprochable : à la distance nécessaire, ce n'est plus que froideur et même absence complète d'effet. Delacroix, Journal,1857, p. 21.
Péj. L'enseignement académique avait créé un type paisible, d'une correction un peu lourde (Hourticq, Hist. Art, Fr.,1914, p. 247).
B.− [Dans l'exercice du lang.] Qualité résultant de l'application des règles de la grammaire et du style (principalement la propriété des termes). Laissons de côté, je ne dis même pas les simples inadvertances, mais la correction grammaticale [de Flaubert]; c'est une qualité utile mais négative (Proust, Chroniques,1922, p. 195):
9. Je suis littérateur, je goûte la correction, la subtilité, toute la cuisine du style (...). Même, ces corrections, ces subtilités, je les prise, je les renifle... Verlaine, Œuvres complètes,t. 4, Mes prisons, 1893, p. 401.
Ironiquement, par antiphrase. − Et moi qui me sens si seule (...). − Seule mon cul, dit la fillette avec la correction en langage qui lui était habituelle (Queneau, Zazie,1959, p. 168).
C.− [Dans la pratique d'une sc., l'exercice d'un métier, d'une fonction] Conformité d'une opération aux principes ou aux règles. La correction d'un calcul, d'un raisonnement, d'un syllogisme; la correction mathématique; la correction d'un travail professionnel. Synon. exactitude :
10. Pierre alors dit sa messe (...) il prononça jusqu'au bout les paroles habituelles, fit les gestes réglementaires, avec la correction machinale du métier. Zola, Lourdes,1894, p. 17.
D.− Domaine soc.Conformité aux règles de la morale, de la bienséance, aux conventions de l'usage, de la mode. La correction de l'attitude (chez les enfants par ex.); la correction des mœurs. Synon. bienséance, décence, savoir-vivre, tenue :
11. Monsieur Lamzun, « Alain » comme vous dites, m'a produit l'effet d'un mari (...) impeccable. Il vise à la distinction, il décroche la correction, c'est toujours ça... Colette, Claudine s'en va,1903, p. 50.
SYNT. Correction anglaise, britannique; exquise, extrême, haute, parfaite correction; correction intellectuelle, morale, mondaine; correction rigide; la correction en affaires; le souci de la correction; être la correction même; pousser la correction jusqu'à...
Rem. Les citations suiv. de Courteline, Client sérieux, Une Opposition, s.d., p. 64 : La correction, ce mal né d'hier et dont nous périrons demain, si nous n'y mettons bon ordre, et de Toulet, Demois. La Mortagne, 1920, p. 10 : Il [M. La Mortagne] la confondait [l'honnêteté] aisément avec cette chose moderne et mal définie qu'on nomme la correction, semblent attester que l'emploi de correction avec cette valeur de (quasi-)synon. de respectabilité, est sinon un néol., du moins une extension née au xixes., sans doute due à l'influence exercée par le cant anglais sur les mœurs de la bourgeoisie française.
Prononc. et Orth. : [kɔ (r)r εksjɔ ̃]. Pour [ʀ] ou [rr], cf. correct. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. xiiies. « action de réprimander, réprimande » (Isopet Lyon, éd. J. Bastin, XIV, 23); xiiie-xives. « châtiment corporel » (Coutumes Lille, éd. Roisin 82, 5 ds T.-L.) d'où 1718 maison de correction (Ac.). B. 1. 4equart xives. « action de corriger, de redresser quelque chose » (Froissart, XI, 46 ds IGLF : Salve le corection de vostre noble conseil); 2. 1531, 2 janv. impr. (cité ds Pansier, Hist. du Livre et de l'imprimerie à Avignon du XIVeau XVIes., t. 3, p. 124 : Item après la composition et correction de chescunes premières fuelhes); 3. 1680 « qualité de ce qui est correct » (Rich.); av. 1752 écrire avec correction (Voltaire ds Trév. suppl. 1752); 4. 1797 « rectification apportée à une mesure, une observation pour obtenir un résultat exact » (Voy. La Pérouse, t. 1, p. 159 : Cette correction peut être employée, à son tour, pour rectifier l'estimation de ces mêmes longitudes); 5. 1860 « action de relever les fautes d'un devoir que l'on note » (Baudel., Paradis artif., p. 404 : Correction des épreuves de grec). Empr. au lat. class. correctio « action de corriger, de redresser quelque chose »; « réprimande, rappel à l'ordre, châtiment ». Fréq. abs. littér. : 906. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 156, b) 1 873; xxes. : a) 1 251, b) 1 110.
DÉR.
Correctible, adj. rare.Améliorable, corrigible. Des amétropies correctibles au moyen de verres (Hist. gén. des sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 207).Absent des dict. gén. du xixeet du xxes. [kɔ (r)r εktibl̥]. Pour [ʀ] ou [rr], cf. correct. 1reattest. 1964 (Perroux, Écon. XXes., p. 330); dér. en -ible à partir d'une base non verbale *correct- tirée de correction au sens de « action de corriger, de rectifier, d'améliorer ». (Pour le procédé de formation, cf. admissible). Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Adlerblum (A.). Vocab. de l'astronaut. Québec, 1972, pp. 15-16. − Lew. 1960, p. 127.