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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CONJECTURER

verbe transitif
A. — Juger, croire par conjecture. Théorème conjecturé. Synon. imaginer, présumer, supposer. Conjecturer la politique est passablement difficile (J. M. Le Breton ds Hetman, 1969). Conjecturer qu'un phénomène peut être dû à une certaine cause (V. Cousin, Cours d'hist. de la philos. mod., 1847, p. 339).
— Emploi abs. Faire des conjectures. L'art de conjecturer :
Nous avons la prétention de lire dans les astres, de conjecturer sur l'avenir et sur le passé qui sont hors de notre vue, et nous ne pouvons comprendre un mot de ce qui est sous nos yeux. (E. Delacroix, Journal, 1850, p. 359)
B. —Emploi pronom. à valeur passive, rare. Être jugé par conjecture. Autant que cela peut se conjecturer (Lar. 19e -20e).
Remarque : La plupart des dict. gén. mentionnent a) Conjecturation, subst. fém. Action de conjecturer. « Rare » selon Lar. 19e -20e ; attesté en outre ds Littré, Guérin 1892, Lar. encyclop., Quillet 1965. b) Conjectureur, subst. masc. Personne qui aime à se livrer à des conjectures. « Rare » selon Lar. 20e ; néol. selon Besch. 1845, Lar. 19e, Littré, Guérin 1892; attesté en outre ds Ac. Compl. 1842.
Prononciation et orthographe
[kɔ̃ʒεktyʀe], (je) conjecture [kɔ̃ʒεkty:ʀ]. Ds Ac. depuis 1694.
Étymologie et histoire
Début xive s. trans. (J. Chapuis, Trésor, éd. M. Méon, 416). Empr. au b. lat. conjecturare.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 132.
Dérivés

Conjecturable

adjectif
rare. Qu'on peut conjecturer. Pour des raisons simples mais difficilement conjecturables, Crouïa-Bey avait peut-être des raisons légitimes de ne pas se nommer, pour tout de bon, Mouilleminche, comme son frère (Queneau, Pierrot mon ami, 1942, p. 94). Attesté ds Rob. Suppl. 1970. — 1res attest. a) 1580 « qui fait des conjectures » (M. de La Porte, Épithètes, 337 r° ds Hug.), hapax; b) 1886 « que l'on peut conjecturer » (Bloy, Le Désespéré, p. 12); de conjecturer, suff. -able*. — Fréq. abs. littér. : 3.