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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

COLLUSION

substantif féminin
A. —DR. « Entente secrète entre deux ou plusieurs personnes pour nuire à un tiers » (Cap. 1936) :
1. Il y a plus de liquidations que de faillites à Paris. L'acte des syndics est destiné à prouver que tout syndic est incorruptible, qu'il n'y a jamais entre eux et le failli la moindre collusion. (Balzac, César Birotteau, 1837, p. 368)
B. —P. ext. Toute intelligence, tout accord secret entre personnes pour nuire à quelqu'un Collusion d'intérêts (cf. Balzac, Les Illusions perdues, 1843, p. 462). Ainsi, il [le gouvernement] protégera les ouvriers contre la collusion des maîtres, non moins soigneusement qu'il protégera les maîtres contre les complots des ouvriers (Say, Traité d'écon. pol., 1832, p. 380). Elle [Sabine Piurot] juge mes ordonnances trop chères, elle m'accuse de collusion et de combine avec l'apothicaire (Arnoux, Les Crimes innocents, 1952, p. 9).
— P. métaph. :
2. N'est-ce pas la collusion de la musique et de la danse qui a contraint les poètes grecs à arracher la tragédie aux profondeurs du drame humain? (Arts et litt. dans la société contemp., 1935, p. 5808)
Prononciation et orthographe
[kɔ(l)lyzjɔ̃]. [l] simple ds Lar. Lang. fr. et Pt Lar. 1968; [ll] double ds Warn. 1968. Cf. aussi Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834, Gattel 1841, Nod. 1844, Fél. 1851, Littré et DG. Fér. 1768 ajoute : « on mouille légèrement les deux ll ». [l] ou [ll] ds Pt Rob. et Dub. Ds Ac. 1694-1932.
Étymologie et histoire
1321 (A.N. JJ 60, f° 121 v° ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. class. collusio « entente frauduleuse », dér. de colludere (v. colluder).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 37.
Bibliographie
Pinchon (J.). Questions de vocab. Collision-collusion. Fr. Monde. 1968, n° 58, pp. 44-45.