CASTEL
substantif masculin— Mod.[Empl. gén. p. hyperb. ou iron.] Vieille demeure seigneuriale, petit château habité par la noblesse de province. (Quasi-) synon. manoir, gentilhommière. Petit, joli castel; castel délabré, en ruines. Mon pauvre castel tombe en ruines comme la race dont je suis le dernier (, Le Capitaine Fracasse, 1863, p. 34).
— P. anal. Propriété privée d'une certaine importance. Le bourgeois est possédé du fanatisme de la propriété (...) il appelle sa maison un castel, dit à chaque mot qu'il est grand propriétaire, et finit par le croire (, Mémoires d'un touriste, t. 1, 1838, p. 103).
Remarque : On rencontre chez J. de Maistre, cité par Sainte-Beuve, Portraits littér., t. 2, 1844-64, p. 458, le dér. castelliser, verbe intrans. Vivre en châtelain. Castelliser avec votre famille serait pour moi un état extrêmement doux (...) mais, hélas! il n'y a plus de château pour moi.
Prononciation et orthographe
[kastεl]. Ds Ac. 1835-1932.
Étymologie et histoire
Début xviiie s. (Saint-Simon, 40, 214 ds Littré). Empr. au prov. castel, attesté dep. le xe s. (Titre de 960 ds Rayn.) de même orig. que le fr. château*, ou parfois emploi par archaïsme de l'a. forme normanno-pic. castel.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 113.
Bibliographie
Chaurand (J.). Suppl. à la note sur qq. distinctions médiév. R. intern. Onom. 1964, t. 16, pp. 241-243. — Darm. Vie 1932, p. 108. — Duch. 1967, § 116.