BOULINE
substantif fémininA. —Vx. Corde tressée qui servait aux châtiments corporels sur les bâtiments de guerre. Courir la bouline. Subir le châtiment de la bouline.
B. — Partie du gréement dite manœuvre courante, et servant à orienter la voile de biais pour lui faire prendre le vent de côté. Nœud (coulant) de bouline, vent de bouline :
— Range à prendre deux ris dans les huniers! cria le capitaine, largue les boulines, brasse au vent, amène les huniers, pèse les palanquins sur les vergues! (, Le Comte de Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 354)
• Aller, naviguer à la bouline, à l'aide des boulines. Placer les voiles de manière qu'elles reçoivent le vent de biais.
— P. méton. Voile ainsi placée.
— Arg., fam. Faire de la bouline. Faire de la voile.
Remarque : On rencontre dans la docum. le subst. fém. boulingue. Petite voile du haut du mât. Vaisseau contraint d'aller à la boulingue.
Prononciation
[bulin].
Étymologie et histoire
1. 1155 agn. mar. boëline « cordage amarré par le milieu de chaque côté d'une voile carrée pour lui faire prendre le vent de côté » (Wace, Brut, 11511 dans T.-L.); 1532 bouline (Rabelais, Pantagruel, chap. 13, éd. Marty-Laveaux, t. 1, p. 280); 1687 courir la bouline « châtiment » (Desroches d'apr. Jal2 );
2. 1606 « voile qu'on met de biais pour recevoir le vent de côté » (Nicot); 1573 vent à la bouline « vent de biais qui exige l'emploi de la bouline » (J. du Puys, Dict. fr. lat. d'apr. FEW t. 15, 1, p. 231a); xvie s. aller à la bouline (d'Aub., Hist., II, 293 dans Littré). Prob. empr. au m. angl. bou(e)line « cordage » (FEW, loc. cit. et t. 1, p. 477a; Bl.-W.5 ; Dauzat 1973) attesté dans MED sous la forme boweline en 1295 dont le 2e élément est line « corde », le premier restant obsc. L'étymon m. néerl. boechline, Verdam (Saggau, p. 104) fait difficulté du point de vue chronol. et géogr., le mot fr. étant agn.; l'a. nord. boglina proposé comme étymon (De Gorog, p. 10; Falk., p. 65) est en réalité un empr. au m. néerl. (De Vries Anord.).
2. 1606 « voile qu'on met de biais pour recevoir le vent de côté » (Nicot); 1573 vent à la bouline « vent de biais qui exige l'emploi de la bouline » (J. du Puys, Dict. fr. lat. d'apr. FEW t. 15, 1, p. 231a); xvie s. aller à la bouline (d'Aub., Hist., II, 293 dans Littré). Prob. empr. au m. angl. bou(e)line « cordage » (FEW, loc. cit. et t. 1, p. 477a; Bl.-W.5 ; Dauzat 1973) attesté dans MED sous la forme boweline en 1295 dont le 2e élément est line « corde », le premier restant obsc. L'étymon m. néerl. boechline, Verdam (Saggau, p. 104) fait difficulté du point de vue chronol. et géogr., le mot fr. étant agn.; l'a. nord. boglina proposé comme étymon (De Gorog, p. 10; Falk., p. 65) est en réalité un empr. au m. néerl. (De Vries Anord.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 6.
Dérivés
Boulinette
substantif fémininBibliographie
Coindreau (R.). L'Arg. de l'Éc. navale. Vie Lang. 1961, p. 68. — De Gorog 1958, p. 65. — Sain. Arg. 1972 [1907], p. 122. — Sain. Lang. par. 1920, p. 246. — Tardel (H.). Das Englische Fremdwort in der modernen französischen Sprache. In : Festschrift 45. Versammlung deutscher Philologen und Schulmänner. Bremen, 1899, p. 405.