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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BIENVENIR

verbe transitif
Littér., rare.[Gén. à l'inf.] Accueillir favorablement quelqu'un du fait qu'il vient au bon moment. Bienvenir qqn; se faire bienvenir de qqn :
1. La présence de M. O'Shaughnessy, notre hôte pour quelques heures, invitait mon ami M. Mendès à lui confier la tâche compliquée de nous faire bienvenir de vous, après tant de méfaits et avec tant d'ambition : ... (Mallarmé, Correspondance, 1875, p. 91)
2. ... Bohémond finit par craindre de s'être trompé sur le personnage et consentit à le bienvenir. (Bloy, La Femme pauvre, 1897, p. 274)
3. À quoi servirait de rappeler (...) que Jésus va naître à Bethléem (...) où se rencontreront, pour le bienvenir de leur haleine, le bœuf et l'âne, ... (Bloy, Journal, 1904, p. 26)
Prononciation et orthographe
[bjε̃vni:ʀ]. Littré écrit bien-venir avec trait d'union.
Étymologie et histoire
Ca 1170 estre bien venu « être bien accueilli » (Benoit, Ducs de Normandie, éd. C. Fahlin, 20084); 1172 bien vaingne « que soit bien venu » (Chr. de Troyes, Chevalier Lyon, éd. W. Foerster, 2370); 1176 part. passé substantivé « personne bien accueillie » (Id., Perceval, éd. W. Roach, 4023 : Et vos soiez li bien venus); 3e quart xiiie s. part. passé fém. substantivé « heureuse arrivée de qqn » (R. de Blois, Beaudous, 2109 dans T.-L.); diverses formes personnelles sont encore attestées au xvie s. dans Hug. ; l'infinitif est repris au xixe s., 1863 (Littré : Usité seulement dans cette locution : se faire bien-venir dans la société, de la société). Composé de bien* adv. et de venir*.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 7.
Bibliographie
Benveniste (É.). Les Verbes délocutifs. In : [Mél. Spitzer (L.)]. Berlin, 1958, pp. 61-62.