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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BICÊTRE1

substantif masculin
Vx. Sort malheureux, infortune :
Et même cette dèche implacable, effroyable Où se débattent mes courages presque en vain, Courage de la soif, courage de la faim Et du froid et du chaud, la faute à qui? Peut-être, — Autant qu'on peut juger de son propre Bicêtre, — Un tantinet à moi, sans compter les amis De l'un et l'autre sexe, — et quelques ennemis. (Verlaine, Élégies, 1893, p. 65)
Remarque : Attesté dans la plupart des dict. gén. du xixe s. ainsi que dans Lar. 20e et Lar. encyclop.
Prononciation et orthographe
Cf. bicêtre2.
Étymologie et histoire
Ca 1220 besistre (G. De Coincy Mir. Vierge, 627, 474 dans T.-L.); 1658 bissêtre (Molière, L'Étourdi, V, 5); av. 1685 bicêtre (Chapelle, Placet au comte de Lude, pièce 14 dans Quem.) inus. d'apr. Littré ; maintenu dans les dial., notamment du Centre : bissètre (Jaub.), lyonn. (Du Puitsp.), norm. bissieutre (Moisy). Du lat. impérial bis(s)extu(m), v. bissexte, qui a pris en lat. médiév. le sens de « malheur » (cf. Orderic Vital, Lib., 12, p. 882 dans Du Cange s.v., t. 1, p. 668c), parce que le jour intercalaire des années bissextiles a été considéré comme funeste dès l'époque romaine (cf. Ammien Marcellin, 26, 1, 7 dans TLL, s.v. bisextus, 2013, 69). Bicêtre est issu d'un plus anc. be(s)sistre (cf. sĕ́xtus > siste) par métathèse des voyelles, mais le -r- fait difficulté; il peut être dû à un lat. dem.-sav. bissextīle(m) accentué *bisséxtile(m) (cf. FEW t. 1, p. 382a) d'apr. séxtum et donnant bessistre comme apostolu(m) > apostre ou à une infl. de tristre (var. de triste) au sens de « funeste ».