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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

AURÉOLER

verbe transitif
A. —Emploi trans.
1.[En parlant d'une pers. ou de sa représentation (statue, peinture, etc.)] Entourer d'une auréole de lumière, de poussière, de fumée, etc. :
1. Il se recueillit un instant et commença la prière. Ce ne fut d'abord qu'un murmure : il était debout, les pieds joints, les bras croisés, la tête dressée vers le ciel, les paupières closes; ses mèches, tordues autour de son front, l'auréolaient de flammes noires. (R. Martin du Gard, Les Thibault, Le Cahier gris, 1922, p. 615)
2. Quant aux « auras », ces émanations diversement colorées qui auréoleraient la tête ou doubleraient, pour ainsi dire, la silhouette d'un individu, leur existence a été affirmée, perçue, disent-ils, par de nombreux « voyants ». Des fraudes sont parfois à l'origine de ces phénomènes lumineux; d'autres fois, il suffit de présenter à contrejour une main aux doigts légèrement écartés pour qu'entre ces doigts une banale illusion d'optique fasse naître l'« aura ». Enfin, la vision de l'« aura » peut être hallucinatoire... (R. Amadou, La Parapsychologie, 1954, p. 68)
2. Ceindre, border à la manière d'une auréole :
3. L'érosion marine auréole ainsi les côtes rocheuses d'une zone de faible profondeur qui représente l'usure du rivage, « c'est la plateforme littorale ». (Ch. Combaluzier, Introd. à la géol., 1961, p. 82)
3.Au fig. (suivi de de + subst. abstr.). Glorifier, parer d'une auréole (de prestige, de mystère, etc.) :
4. Cette exemption du travail quotidien et le prestige social qui auréolait les guerriers attiraient beaucoup de volontaires que n'effrayait pas la discipline de fer. (R.-H. Lowie, Manuel d'anthropol. culturelle, 1936, p. 251)
B. —Emploi pronom. S'entourer ou être entouré d'une auréole.
— Au fig. (sens passif) :
5. Et je me lance dans la lecture à haute voix d'Albertus. Albertus, ou L'Âme et le Péché... De quel prestige s'auréolait encore en ce temps le nom de Gautier! Puis l'impertinent sous-titre : Poème théologique, m'attirait. (Gide, Si le grain ne meurt, 1924, p. 489)
Remarque : 1re attest. 1866 (Lar. 19e) ; dér. de auréole*, dés. -er.
Prononciation
(s')auréoler [oʀeɔle] ou [ɔ-], j'auréole [ʒo(ɔ)ʀeɔl]. Pour les deux possibilités de prononc., cf. auréole.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 23.
Bibliographie
Giraud 1956.